Dyslexie et dysorthographie : comment progresser en français ?

« Pourriez-vous faire un effort sur votre orthographe ? », c’est la remarque récurrente que les élèves et étudiants dyslexique et dysorthographiques peuvent recevoir de la part de leurs professeurs.
Pour cause, les troubles dys sont encore souvent négligés, considérés comme un handicap invisible. Pourtant, les chiffres indiquent qu’entre 6 et 8% des petits Français en souffrent.
La dyslexie et la dysorthographie se manifestent par des difficultés en écriture et en lecture. Les individus ont du mal à décoder des lettres ou rédiger rapidement un texte sans commettre d’erreurs. Ces troubles peuvent pénaliser les victimes dans leur parcours scolaire, alors comment prendre des cours pour progresser en français dans ces conditions ?
Qu’est-ce que la dyslexie et la dysorthographie ?
La dyslexie et la dysorthographie font partie des troubles dys.

La prise en charge de ces troubles s’est améliorée ces 20 dernières années grâce à une meilleure connaissance des troubles. Pour cause, ils sont plus fréquents qu’il n’y paraît. En France, près de 8% des enfants sont concernés.
La dyslexie fait référence aux difficultés d’un élève à identifier les lettres et les mots, rendant la lecture difficile, voire impossible.
Ce trouble de l’apprentissage toucherait 5 % des enfants et adolescents. Les garçons sont trois fois plus nombreux à en souffrir. La dysorthographie renvoie, quant à elle, à un trouble associé à l’écriture. Les deux vont souvent de pair puisque près de 70 % des dyslexiques souffrent également de dysorthographie.
Ces deux troubles n’entraînent pas des déficits intellectuels, les enfants peuvent alors suivre une scolarité normale. Cependant, les cours de français constituent un défi tout au long de leur parcours. Plusieurs aménagements permettent néanmoins de faciliter leur apprentissage.
Comment reconnaître la dysorthographie et la dyslexie ?
La dyslexie se manifeste différemment chez les enfants et les adultes. Un enfant ayant entre 2 et 5 ans souffrant de ces troubles de l’apprentissage, aura des retards de langage. Il éprouvera des difficultés à apprendre de nouveaux mots. A la maternelle, il n’arrivera pas à distinguer les lettres. Dans certains cas, les enfants dyslexiques ont des difficultés à se repérer.
Il vaut mieux agir dès à présent, mais comment aider les enfants atteints de troubles dys ?
Si votre enfant présente l’un de ces signes, c’est un besoin de consultation d’un professionnel. Un diagnostic tôt enclenche souvent une meilleure prise en charge.
Un avis médical permet également aux parents de bénéficier des aides destinées aux enfants dyslexiques. Certaines familles bénéficient même d’un complément si le trouble affecte le temps de travail du parent.
Chez un adulte, ce trouble se manifeste par des difficultés dans l’écriture et la lecture. Un lycéen a du mal à rédiger une dissertation sans commettre des fautes basiques. Un étudiant éprouve des difficultés à prendre des notes en cours.
En matière de dyslexie, la forme la plus courante est l’incapacité de la personne à associer une lettre à un son. C’est ce qu’on appelle dyslexie phonologique. En présence d’une lettre, elle ne sait pas quel son correspond à celle-ci.
Cette confusion sonore entraîne inexorablement des problèmes en français, notamment en orthographe. C’est pourquoi les dyslexiques sont généralement dysorthographiques même si cela n’est pas toujours vrai.
Comment se traduisent ces troubles dans l’apprentissage du français ?
La dyslexie crée souvent une confusion entre les sons entendus.
Des études ont démontré qu’un enfant dyslexique arrive à épeler correctement 10 % des mots dans un texte qu’il étudie en classe. Ces erreurs phonologiques se manifestent de différentes manières :
- Difficulté à distinguer des consonnes proches comme m et n, ainsi l’étudiant peut écrire « chenin » au lieu de « chemin »,
- Inversion des syllabes et des lettres dans un mot. Par exemple, « lapsus » devient « laspus »,
- Erreurs auditives qui induisent à une erreur à l’écrit à une mauvaise compréhension de ce qui est dit. Au lieu d’entendre « patte », la personne entend « batte ».
De son côté, la dysorthographie provoque quant à elle des erreurs sémantiques du type :
- Confusion entre les homophones : entre « air » et « ère », « et » et « est »,
- Erreurs de décomposition des mots : au lieu d’écrire « doucement » en entier, l’élève le découpe en deux,
- Confusion grammaticale qui engendre des erreurs d’accord,
Ces deux troubles peuvent donc pénaliser les personnes à tout âge. A l’école, ils constituent un obstacle au développement du langage. Ils ont du mal à trouver leur place à l’école, leur difficulté est souvent source de moqueries. Chez l’adulte, ils peuvent être un frein à l’obtention d’un emploi en raison du handicap à l’écrit.
Ces difficultés ont aussi des conséquences psychologiques comme le manque de confiance en soi. Les adolescents dyslexiques ont deux fois plus de risques de souffrir de dépression. Les élèves accusent souvent un retard dans leurs études, ce qui peut être une source de décrochement précoce.
Ainsi, un prof de français adapté permettrait sans doute de lutter contre leur échec scolaire.
Quels aménagements à l’école pour accompagner l’élève dyslexique ou dysorthographique ?
Pour mieux accompagner l’enfant dyslexique ou dysorthographique à l’école, la première étape consiste à poser un diagnostic. Grâce à cet avis d’un professionnel de santé, l’établissement scolaire reconnaît officiellement le trouble de l’élève.
Il collabore ensuite avec les parents et l’équipe médicale pour mettre en place un plan d’accompagnement personnalisé (PAP). Ce plan permet à l’enfant de poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions.
En cours, les enseignants peuvent proposer des activités qui conviennent mieux aux enfants dys comme l’apprentissage de l’alphabet via des jeux. Ils peuvent aussi utiliser des supports visuels pour renforcer la mémorisation des lettres, notamment des lettres comme « b » et « d ».
D’autres aménagements permettent aux élèves dys de poursuivre une scolarité normale. Les plus courants d’entre eux sont :
- La réalisation des tests avec un temps plus long,
- La possibilité de donner des réponses verbales à des questions,
- La dispense d’apprentissage de langues étrangères pour les élèves plus grands,
- La possibilité d’enregistrer les cours chez les lycéens et étudiants,
- La suppression des exercices de lecture en classe qui sont souvent sources de stress.
Par ailleurs, certains enfants se concentrent mieux dans un endroit plus calme. Notons que cette liste n’est pas exhaustive et varie en fonction des établissements et des besoins de chacun.
Comment aider un enfant dyslexique ou dysorthographique à progresser en français ?
Saviez-vous que des personnes comme Albert Einstein et Steven Spielberg étaient dyslexiques ?

Ces exemples prouvent que la dyslexie n’est pas un marqueur d’intelligence. Le plus important est de trouver des activités que l’enfant aime. Cela peut être le sport, la musique ou tout autres loisirs qui renforce sa confiance en lui.
Par ailleurs, les parents peuvent également renforcer l’apprentissage à la maison à travers des méthodes et des outils plus ludiques.
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La segmentation des syllabes
Au lieu d’apprendre un mot en entier, vous prenez le temps d’identifier les syllabes. A force de répéter chaque syllabe, l’enfant assimile mieux et le répétera à son tour. La prochaine étape consiste à repérer les phonèmes dans un mot. Pour cela, l’adulte segmente les phonèmes pendant la lecture pour que l’enfant distingue les sons dans une syllabe ou un mot.
Ces deux étapes requièrent de la patience puisque les personnes dyslexiques et/ou dysorthographiques ne raisonnent pas comme nous. Lorsque vous sentez qu’ils progressent, vous pouvez enfin passer aux exercices des syllabes manquantes. Dans un mot de trois syllabes par exemple, demandez à l’enfant ce que devient le mot si l’on enlève la première ou la deuxième syllabe.
Un autre exercice qui stimule les connaissances est la substitution des syllabes.
Demandez à l’élève de remplacer la deuxième syllabe par une proposition et de donner le résultat. S’il éprouve des difficultés, une variante plus facile consiste à identifier les syllabes qui sonnent identiques. Vous donnez trois ou quatre mots, il donne la syllabe commune à ces mots.
Ces exercices sont tellement fastidieux que des aides extérieures sont parfois nécessaires. C’est pourquoi l’enfant peut suivre des cours particuliers. Les enseignants spécialisés possèdent toutes les compétences nécessaires pour donner des cours de langues aux enfants dyslexiques.
Le chant
Chanter des comptines contribue à améliorer la distinction et l’identification des segments dans un mot. Pour cause, certaines chansons prononcent de manière exagérée certains mots. La chanson constitue donc un outil complémentaire aux autres exercices, sans être pour autant un outil miracle.
Les applications
Grâce aux avancées technologiques, les troubles dys ont désormais leurs propres applications. Des dizaines d’applications sont disponibles sur le web.
Certaines d’entre elles constituent un support pédagogique plus ludique pour les enfants. De nombreuses écoles sollicitent même ces outils pour apporter du soutien supplémentaire aux élèves en difficulté.
Parmi les plus connus, on retrouve Dys-Vocal, une application de lecture assistée destinée aux enfants dyslexiques.
Cet outil se caractérise par la segmentation des syllabes, de quoi les accompagner dans les défis de lecture. Il favorise une meilleure compréhension d’un texte.
Il y a aussi Orthographo qui permet d’améliorer son orthographe dès l’âge de 6 ans. Face à l’abondance des offres, le plus important est de choisir une application qui répond au trouble et à l’âge de l’enfant.
Les livres audio
Le support numérique représente une alternative pour l’accès à la lecture chez les personnes souffrant de troubles dys. Pour cause, ils découvrent une histoire et de nouveaux mots en contournant les obstacles liés à leur trouble du langage. Elles ont ainsi la même chance que les personnes normales de développer leur imagination. Pour un enfant, les livres audio constituent un pas en avant vers l’autonomie de lecture.
Une tablette ou un ordinateur pour écrire
Un enfant en âge d’utiliser un ordinateur aura plus de facilité dans l’écriture. De plus, celui-ci aura forcément un correcteur d’orthographe, ce qui réduit considérablement les fautes commises dans un devoir.
Grâce à cet outil, un étudiant dyslexique ou dysorthographique peut se concentrer sur le fond au lieu de se préoccuper de la forme.
Notons aussi l’existence d’une étude sur les polices qui sont mieux assimilées par les personnes atteintes de troubles dys. Elle a démontré que des polices comme Arial, Helvetica et Verdana facilitent la lecture.